D’un défilé à l’autre, des tendances se répondent, et des collections très personnelles, éloignées et, parfois même, à contre-courant font le sel de la saison. Le label Sacai n’a pas la notoriété des grandes maisons parisiennes mais l’univers singulier de Chitose Abe en fait un rendez-vous tout aussi incontournable de la Fashion Week, pour la presse comme pour les acheteurs. Son automne-hiver 2017-2018 n’a pas déçu. Veste d’ouvrier en denim usé et paletot en tweed habillés de fins galons crantés, pardessus à col officier et mentonnière, parka et doudoune revisitées avec la complicité de The North Face: la créatrice japonaise maîtrise comme personne la fusion entre tailoring et sportwear. De ces silhouettes, moins complexes qu’à l’accoutumée, se dégage une fragilité androgyne très contemporaine. À l’inverse, on ne présente plus la maison Balmain . Ni Olivier Rousteing, son célèbre directeur artistique aux 4,3 millions de followers. Eh bien, considérez que vous n’avez rien vu de Balmain jusqu’à présent. De gigantesques enceintes hurlent The Show Must Go On de Queen. Et quel show! Dès le premier passage, un flambeur en veste cintrée, toute rebrodée de paillettes, entre en scène. S’ensuivent quatre-vingt-deux passages de total looks en maille multicolore, vestes kimonos et gilets entièrement cousus d’or et de strass d’inspiration heavy metal remarquablement exécutés pour une clientèle à la flamboyance assumée. Juun. J fête ses dix ans et revisite, pour l’occasion, ses propres classiques. Baptisée Archives, cette collection anniversaire résume parfaitement sa patte: volumes hypertrophiés, emprunts à l’uniforme militaire, au vocabulaire tailleur et aux codes du streetwear, jeux de proportions, accumulations de poches… En prime, l’alternance entre passages masculins et féminins (une première pour le designer coréen) insuffle de la fraîcheur…

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