INTERVIEW - Connu pour son prêt-à-porter féminin, le créateur français formé à l’École d’Anvers s’apprête à aiguiser le dressing de la griffe masculine venue des souliers. Rencontre exclusive à 24 heures de son premier défilé. En 2011, le bottier du groupe LVMH se lançait dans le prêt-à-porter. Objectif: définir un luxueux vestiaire de beaux classiques se sublimant avec le temps, telle la patine de ses souliers cousus de traditions. Aujourd’hui, Berluti confie sa direction artistique à Haider Ackermann. Un choix pointu et audacieux puisque ce Français a réalisé, depuis 2002, la majorité de sa carrière dans la mode féminine. S’il s’adonne à l’habillement masculin via sa griffe personnelle depuis quelques saisons, le sujet demeure relativement neuf pour lui. Comme en témoigne cette interview exclusive pour Le Figaro où il laisse planer le mystère sur le style de l’homme qu’il dévoilera, demain soir à Paris, lors d’un défilé au Grand Palais. Ainsi sont souvent les designers venus du féminin, plus spontanés, complexes et créatifs, tout à la fois. LE FIGARO. - En juin 2010, vous aviez glissé une dizaine d’hommes dans un show de votre marque à Florence. En marge de cette présentation, vous assuriez que le développement d’une ligne masculine n’était pas une priorité… jusqu’en janvier 2012 où vous l’avez lancée. Aujourd’hui, vous reprenez la direction créative de Berluti. La mode homme s’impose-t-elle à vous? Au point de vous dédoubler aujourd’hui pour Berluti! Qui aurait pu dire non à cette proposition? Cela peut paraître étrange, étant donné que je suis surtout connu en mode féminine, mais c’est ce challenge inattendu qui m’a intrigué et séduit. En outre, c’est l’occasion de travailler dans le luxe, univers bien différent de celui des créateurs. Ici, j’ai accès à des matières d’une grande noblesse, à un artisanat et à un niveau de fabrication qui font de mon métier quasiment un autre…

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